SAINT-JAMES (Manche)

SAINT-JAMES
8-9 août 1944

 

Libérée le 1er août 1944, par les soldats de l’armée américaine, Saint-James ( Q.G. de la IIIème Armée U.S.), et ses environs, observent le 6 août la division Leclerc établir son campement à St Aubin de Terregatte, (ferme “le Bourget”) mais aussi autour du Château de Chassilly à St Senier de Beuvron, et dans les allées ombragées,protectrices, du Château de La Paluelle.

Le général Leclerc, changeant de place chaque jour, va séjourner à “La Rencontre” et à “La Bêchetière” en St Aubin de Terregatte.

Après une reconnaissance aérienne, le campement fut la cible, les nuits du 6/7 et 8/9 août 1944, de bombardements allemands qui firent plusieurs victimes parmi les soldats et le personnel de santé. Les blessés furent transportés dans un hôpital américain d’évacuation installé à Saint-James, sans doute sur le lieu même de l’aérodrome provisoire dont la construction a commencé dès le lendemain de la libération de Saint-James (emplacement de l’usine des Tricots Saint-James – évocation sur place).

La 2ème Division Blindée du Général Leclerc connaissait, ainsi, ses premières pertes humaines depuis son débarquement en Normandie.

20 morts, plus de 200 blessés, la plupart évacués vers l’Angleterre afin d’y être soignés.

 Les victimes de leur côté furent inhumées dans les cimetières communaux de St Aubin-de-Terregatte, Montjoie St Martin et le carré militaire de Saint-James.

 

 

 

LE BOMBARDEMENT DE SAINT-JAMES

 

Pendant ce temps à Saint-James, peu avant minuit, l’aviation allemande attaque à plusieurs reprises les emplacements du GTD et du GTV.
Durant une demi-heure, les avions ennemis volent au-dessus des létes et lâchent leurs bombes-papillons qui projettent des grenades.
Il semble que la position ait été repérée : un calque du stationnement de la division a été récupéré hier par les Allemands dans la jeep détruite lors de iu reconnaissance sur Mortain.

Le GTD qui se tenait prêt à faire mouvement – le départ est fixé le 9 à i heure – est sévèrement éprouvé. Le 1/RMT, le 12e Cuir, le 3e RAC, TER 3 et la 13/2 médicale subissent de lourdes pertes :
– Le 1er bataillon du RMT dénombre 34 blessés dont 14 à la seule 3′ compagnie, parmi lesquels l’aspirant Klein. Des véhicules brûlent.
– Au 3e RAC, au total un tué et 13 blessés presque tous à l’EM, dont le lieutenant Léonard. Côté matériel : 1 half-track, 1 jeep, 2 motos irrécupérables.
– Au 12e Cuir, stationné à 2 kilomètres au Sud de Saint-Senier-de-Beuvron (au Nord de Saint-James), le 1er escadron et l’escadron hors-rang, qui se préparaient à quitter leurs emplacements, sont atteints.
Au 1er escadron, le lieutenant Schlecht (chef du 3e peloton) et deux hommes sont blessés.

A l’EHR le bilan est lourd. Parmi les blessés on relève deux officiers :
– le lieutenant Itié, commandant l’approvisionnement, et le lieutenant Leroy-Thiébaut, commandant le groupe essence), cinq sous-officiers
dont l’adjudant-chef Demarbre commandant le groupe munitions) et dix-huit hommes. Il y a aussi 58 roues de camions hors d’usage.

Le lieutenant Itié se souvient : «Deux gros avions passent au ras des arbres et lâchent le long des véhicules un chapelet de petites bombes à ailettes qui font beaucoup de dégâts. Tout le monde est debout près de moi, les sous-officiers et chefs de voitures prêts à partir. Une bombe à ailettes tombe à côté de moi : j’étais resté debout, les autres couchés auprès d’un chêne »

Gravement blessé par un éclat dans la poitrine, le lieutenant est dans un état comateux. Le pistolet qu’il porte est tordu. À côté de lui un de ses conducteurs de jeep a été tué par deux éclats. Un sous-officier et deux hommes sont blessés.
Mais pas d’affolement : le service sanitaire est vite sur place. Le sous-lieutenant Lévy, médecin adjoint du régiment, est là. Il s’adresse au lieutenant-colonel Noiret. Itié qui ne bouge plus l’entend tout de même dire : «Itié va mourir mon colonel.» Noiret lui prend la main, puis il est évacué sur un hôpital américain. Le sous-lieutenant Délègue (1er escadron) prend son peloton en charge.
Le GTD compte 5 tués et 124 blessés.

En raison de ces pertes le lieutenant-colonel Noiret donne au commandant Rouvillois l’ordre de rester au bivouac de Saint-Senier avec l’EHR, qu’il remettra en ordre, et le 1er peloton de Délègue du 1/12° Cuir qui lui servira de protection, et de rejoindre Le Mans le plus tôt possible.

L’EHR, retardé par ailleurs sur la route par des embouteillages multiples, ne pourra rejoindre son régiment qu’à Neuville le 10 août vers 10 heures 30. Le ravitaillement en essence, qui a été le plus atteint dans son personnel et son matériel, ne parviendra donc qu’à ce moment et retardera le mouvement de certains escadrons vers Ballon.
Le 12e Cuir, le 1er RMT, le 3e RAC partent cependant de Saint-Senier à l’heure fixée, soit 1 heure ce 9 août. Le mouvement s’exécute sans incident.

 

SAINT-JAMES

Lors du passage de la colonne Leclerc à Saint-James, 21 jeunes décidèrent de se joindre aux hommes de Leclerc ; malheureusement, 5 ne revinrent pas, 3 furent blessés. 3 Saint-Jamais moururent, également, pour faits de résistance.

– la rue Bagot prit le nom de “rue Division Leclerc-5/6 août 1944” ; une plaque sera dévoilée le 5 août 1962 portant le nom des 5 soldats de Leclerc morts au combat.

– la rue de Bretagne celui d’Antoine Peyri, Résistant mort en camp de concentration.

– une dalle fut inaugurée au monument aux morts ; elle porte la Croix de Lorraine et le nom des disparus.

Saint-James rendit hommage à ses libérateurs et aux soldats de Leclerc le 3 août 1947 :

– la rue Grande devint la “rue de la Libération-1er août 1944”,

Le 5 mai 1963, la Maréchale Leclerc de Hauteclocque vint à Saint-James pour remettre le drapeau de la section sud-Manche aux anciens de la division Leclerc toujours très actifs et fervents admirateurs de “leur Patron”.

 


Lancée vers le sud, la 2e DB subit un violent bombardement aérien ennemi dans la nuit du 8 au 9 août 1944.

Malgré l’important camouflage sous lequel il se sont positionnés, plusieurs éléments, dont le P.C. du général, sont touchés.

20 morts, plus de 200 blessés, la plupart évacués vers l’Angleterre afin d’y être soignés.

(Guy MERLE : L’Esprit Leclerc, sur les chemins de la Liberté. )

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