SAINT-GERMAIN-sur-SARTHE (Sarthe)

SAINT-GERMAIN-sur-SARTHE & Environs
  LA HUTTE – FYÉ    

 

 

 

 

Sous-Groupement FARRET
Détachement Commandant Corlu

2e compagnie (capitaine Perceval) disposant des 1ère et 3ème section (lieutenants Marson Lclay)
CA 1 (capitaine Troadec) disposant de la section d’obus lieutenant Py et de la section de mitailleuses du lieutenant Kirsh
1er peloton de reconnaissance du 4/1 RMSM (lieutenant Serizier)
1er peloton de chars du 2/12e Cuir (lieutenant Briot de la Crochais)

 

Le bourg est libéré le 10 août, vers 9 heures du matin sans combat mais le sous-groupement Noiret se heurte à une poche de résistance sur la route nationale au carrefour dit “La Hutte” ;  le Sherman “Dijon”, est mis hors de combat et tous ses occupants tués. 

L’intervention des pièces d’artillerie, du 1/3e R.A.C., en position près de la Bellardière réduit l’Allemand à la raison non sans provoquer des dégâts matériels, aux maisons, notamment à celle de Monsieur Pineau, entièrement incendiée.

Relatons ici un événement curieux qui se produisit ce jour-là et dont les derniers témoins se souviennent parfaitement :
Le blindé désemparé avait ouvert une large brèche dans le mur de la grange où Monsieur Perruchet, le propriétaire, avait entreposé de la paille des fagots de bois, et… également le Christ du Calvaire dont la croix était à restaurer.
 
Or, pendant quatre heures environ, “Dijon” brûla à quelques 20 centimètres du pailler qui ne s’enflamma pas alors que le toit de la boulangerie contiguë prenait feu, seuls quelques fagots de bois furent noircis.

Le 14 août, avec la participation de la musique municipale de Fyé, une cérémonie funèbre se déroule à Saint-Germain-de-la-Coudre où huit cercueils sont alignés dans le choeur de l’église entourés d’une garde d’honneur d’une vingtaine de jeunes F.F.I. ; la liste des tués est plus longue qu’à Coulombiers car plusieurs “Leclerc”, tombés sur le territoire de la commune voisine ont été ramenés à Saint-Germain.

POULETS  par Ronan

 

Le 11 août 1944, un sous-groupement aux ordres du commandant Farret comprenant : l’escadron Savelli du RMSM, la batterie Dubois du 3e RAC, la ÇA et la 2° compagnie du I/RMT, qui avait passé la nuit un peu au nord de Beaumont-sur-Sarthe, reprit sa progression vers la Hutte et Alençon.

Au cours de la matinée, La Hutte était violemment conquise.
On respirait un peu avant de repartir.
A l’ombre des grands arbres, entre le passage à niveau et le carrefour, les A.M. et les half-tracks se pressaient, colonne par un, sur la droite de la route. Les moteurs ronflaient sourdement et les Jeeps, mouches du coche, criaient leur nervosité.
Un mortier de 60, tel un métronome, scandait le temps.

Dans ce calme relatif, un half-track lança brusquement les bandes entières de toutes ses mitrailleuses.
En écho et à la seconde, les autres répondirent. Ce fut effrayant !
Sans horizon dans ce bocage normand, tous les hommes tiraient avec frénésie dans un trou clair, ensoleillé, à cinquante mètres.
De part et d’autre, les buissons vibraient convulsivement, comme électrocutés par les rafales. Mais on ne voyait rien !
Au bout d’une minute ou deux qui parurent interminables et à force de cris et de gestes, la débauche prit fin.
Un homme expliqua : « Là dans le trou il y a un chemin creux, et j’ai vu des Boches. Leurs casques, ils couraient pas gymnastique pour nous tourner ! »

Vite ! Une patrouille à pied pour garder notre flanc droit qui, manifestement, est mal couvert.
Mais elle n’était pas encore à terre qu’à un cri, le feu reprit. Certains les avaient heureusement reconnus les Boches !
« Assez ! Halte au feu. Arrêtez Ce sont des poulets ! »

Eh oui. C’étaient bien des poulets. Ils fuyaient les maisons gagnant les champs au pas de course et, l’un après l’autre, passaient ; ras de terre (évidemment).
Dans une échancrure lumineuse des buissons, comme des hommes qui se hâtent, en se courbant dans un chemin creux mais dont la tête apparaît, curieuse et inquiète.
La patrouille y alla quand même voir  :pas un poulet n’était resté !

 

Au carrefour de la Hutte

 

11 août. Dès l’aube, la marche en avant reprend en direction du nord. Elle est ardue car, très vite, l’ennemi se révèle et fait face durement. Ses canons antichars, épaulés par une infanterie déterminée, stoppent le sous-groupement Farret au carrefour de La Hutte, sur la RN 138 qui mène du Mans à Alencon.

Plusieurs chars du 12e cuirassiers sont détruits, ainsi que deux half-tracks du RMT. Les marsouins, malgré leur agressivité, vont rester bloqués un long moment ; parmi eux, le capitaine Troadec, un des anciens du Tchad, est grièvement blessé.

Fyé, le village suivant, à moins de trois kilomètres, couvre l’axe routier de ses feux et est manifestement très solidement tenu. Plus à l’est, à des intervalles rapprochés, le long de la D 310 qui borde la forêt de Perseigne au sud, l’ennemi a installé d’autres points de résistance puissants : Rouessé-Fontaine, Louvigny, auxquels vont se heurter les autres sous-groupements.

Dans le compartiment de terrain trop étroit attribué à la DB, il faut trouver parmi les itinéraires possibles, ceux qui permettront la plus grande efficacité, au moindre prix. Pour ce faire, le Général se tient au plus près du lieutenant-colonel Noiret, dont les unités marchent vers Rouessé-Fontaine contre lequel elles vont buter violemment. L’escadron Gaudet y laisse trois Sherman.

L’intuition de Leclerc lui fait découpler le sous-groupement.
Le commandant Rouvillois et un escadron de Sherman se glissent et foncent entre La Hutte et Rouessé-Fontaine en direction de Bourg-le-Roi ; ce cheminement leur permettra d’aider Farret à gauche ou Noiret à droite.

Le lieutenant Krebs, qui commande le peloton de tête de l’escadron Noël, pénètre de vive force dans Bourg-le-Roi, détruisant des antichars et plusieurs véhicules ennemis. Leclerc est là et presse l’officier :
“En avant ! direction Champfleur !”
Champfleur est pris dans l’après-midi.
Tous les chars du peloton Krebs sont touchés, trois sont détruits mais l’ennemi laisse deux Panther sur le terrain et se replie.

Pendant ce temps, Farret enlève La Hutte mais il échoue devant Fyé.
L’aviation et l’artillerie écrasent Rouessé-Fontaine où pénètrent vers 15 heures les chars de Gaudet et les fantassins de la compagnie Grall. Le sous-groupement Massu déborde le village avant d’atteindre Ancinnes en fin de journée et de s’y installer.

Les unités du commandant Minjonnet, après que l’infanterie a forcé le passage de la Bienne défendu par des fantassins allemands, s’emparent de Louvigny ; le RMSM y perd deux automitrailleuses.

La DB menace directement Alencon, mais un redoutable obstacle reste à franchir : la forêt de Perseigne qui s’étend au sud-est de la ville et où diverses formations ennemies se sont engouffrées.

SAINT-GERMAIN-sur-SARTHE - Infos pratiques