DETTWILLER – (Bas-Rhin)



DETTWILLER

Km= 1093 

Mercredi 22 novembre 1944

 

Sherman ” SOISSONS” 12e Cuirs

 

 

La seconde guerre mondiale débute par le cantonnement à Dettwiller de troupes françaises et notamment de soldats d’origine sénégalaise.
Les Allemands arrivent sans combats et Dettwiller devient une commune allemande.
Les rues sont rebaptisées : Adolf Hittler Strasse…

Le 22 novembre 1944, vers 11h arrivent les troupes françaises sous le commandement du Colonel Rouvillois.
Quelques courts échanges de coups de feu, Dettwiller est libéré et les soldats poursuivent vers Saverne.

Ils passent la nuit à Dettwiller.

Dans la soirée, Leclerc prépare avec Rouvillois la charge victorieuse sur Strasbourg du lendemain.
Par la suite, des soldats américains stationnent quelques jours à Dettwiller.

 

 

 


Extrait de : “LECLERC LIBERE STRASBOURG – NOVEMBRE 1944”


Numéro spécial

Editions HEIMDAL 1991 

 

– Le sous-groupement Massu :
Après avoir passé Reinhardsmunster, sous les yeux du général Leclerc venu observer le bon déroulement de la manœuvre, Massu est ralenti par de nombreux abattis.
Une partie de la colonne est détournée derrière le sous-groupement Minjonnet puis rejoint son itinéraire par Saint-Gall.
A 12 h 40, le carrefour situé à trois kilomètres à l’est de Saverne est occupé.
Au début de cette manœuvre, le détachement Vandière déboite.
Par Furchhausen, Waldolwis-heim et la départementale 83, il s’embusque à la lisière du bois de la Faisanderie afin d’interdire à l’ennemi la départementale 421 qui mène à Strasbourg.
Alors qu’il se met en place, une colonne de voitures légères, précédée de motocyclistes débouche tous phares allumés. Elle est immédiatement arrêtée par le Sherman de tête. C’est un état-major au complet composé de cinq officiers supérieurs, huit capitaines et lieutenants, de secrétaires et de conducteurs qui se rendent sans résistance au détachement Vandière.
Pendant ce temps, le reste du sous-groupement continue sa progression.
A 13 h 30, toutes les crêtes dominant Saverne à l’est sont occupées.
Massu obtient alors liaison radio avec le sous-groupement Rouvillois du GTD qui vient de franchir les Vosges, au nord de Saverne par l’itinéraire de La Petite-Pierre.
Les mâchoires de la tenaille se referment lentement autour de Saverne…

A 14 h, Minjonnet ayant dégagé Saverne, Massu reçoit l’autorisation de nettoyer la ville.
A l’entrée de Saverne, les hommes de Massu capturent intacte une batterie de canons de 20 mm quadruples en position de tir dans un verger devant une brasserie. Puis ils se ruent à l’intérieur de la ville. Le nettoyage est pratiquement achevé à 15 h 15.
Les ponts de Saverne qui enjambent le canal de la Marne au Rhin sont pris intacts.
Les engagements sont courts et sporadiques. Le sous-groupement fait environ huit cents prisonniers et saisit les archives de l’état-major allemand entassées dans des fourgons attelées, à l’arrêt devant la Kommandantur.
Alors que la Résistance organise le retour de la ville dans la « légalité » française, Massu se retire dans les faubourgs est, prêt à démarrer vers Strasbourg. Le PC du sous-groupement s’installe pour la nuit à Schwenheim.

A 16 h, le colonel de Langlade, commandant le GTL rentre dans Saverne libérée.
Il est reçu à l’hôtel de ville au milieu d’une population particulièrement enthousiaste…
Groupement tactique « D » :
– Sous-groupement Quilichini :
Le 22 novembre, le sous-groupement Quilichini va tenter d’attaquer frontalement Phalsbourg qui continue à résister. Il ne jouera donc aucun rôle dans la prise de Saverne.
A 9 h 30, le détachement du capitaine Noël reçoit ainsi l’ordre d’envoyer une reconnaissance blindée sur Phalsbourg. Le lieutenant de Laprelle, avec trois chars et un groupe de soldats du RMT, se porte sur la crête qui domine la ville. Un duel s’engage avec un char Panther situé sur la nationale 61 au nord de Phalsbourg. Au cours de cet engagement, le char de tête, Bourg la Reine est touché. On peut encore le voir de nos jours à Mittel-bronn.
Pendant que des éléments de 44e DI s’installent à Mittelbronn pour relever le gros du sous-groupement, le détachement Py (anciennement Roussion) prend position à La Petite-Pierre pour tenir l’axe que le sous-groupement Rouvillois a libéré.
Le détachement Krebs rejoint Mittelbronn où il partage les positions désormais occupées par la 44e DI.
Phalsbourg ne tombera que le lendemain, 23 novembre, date à laquelle des éléments de 44e DI réussiront enfin à réduire cette poche et à faire leur jonction avec le sous-groupement Minjonnet venu de Saverne.

La résistance de Phalsbourg s’explique par le fait que le général Brùhn, commandant la 553e ID avait fait décrocher de la région de Blamont tous les éléments disponibles pour les placer dans cette ville afin de défendre l’accès à Saverne, sans se douter, bien sûr qu’il serait débordé par le nord et par le sud et pris à revers.
A noter ici, que le dégagement de l’axe Phalsbourg-Saverne était vital pour la suite des opérations de la 2e DB qui ne disposait que d’un fin cordon ombilical (route de Dabo et accessoirement route de La Petite-Pierre) pour assurer son ravitaillement en carburant et munitions.

– Sous-groupement Rouvillois :
Nous avions laissé le sous-groupement Rouvillois, la veille au soir à La Petite-Pierre.
Il s’apprêtait à reprendre sa progression malgré la présence signalée d’un barrage à un kilomètre et demie au-delà de La Petite-Pierre sur la départementale 7.

A 7 h 15, Rouvillois reçoit l’information selon laquelle la route est libre. Il lance aussitôt le peloton Bompart suivi du détachement Compagnon qui atteignent Weiterswiller sans encombre. En entrant dans ce village, deux canons de 88 mm tenant la crête, dominant Neuwiller-les-Saverne au nord-est, prennent à partie la tête de la colonne et touchent deux automitrailleuses.
Pour réduire cette résistance, Rouvillois donne ses ordres.
L’artillerie se déploiera vers Weiterswiller, le détachement Briot marchera sur Dettwiller au sud (sur la départementale 421) pour s’emparer du pont qui traverse le canal de la Marne au Rhin. Il utilisera l’itinéraire passant par Bouxwiller et Printzheim (départementale 232).
Le détachement Lenoir tournera la résistance allemande des environs de Neuwiller en passant par OberSoultzbach.
La compagnie Leroy se portera à Neuwiller à pied par les bois au nord-est du village…
Très vite, les menaces de débordément et les tirs très précis de l’artillerie mettent en fuite les servants des pièces allemandes.
A 9 h 30, les détachements Compagnon et Lenoir opèrent leur jonction à Neuwiller. Deux canons de 88 mm, quatre de 20 mm sont détruits et six prisonniers recueillis. Rouvillois donne alors l’ordre à Lenoir de continuer sa progression vers le sud et de s’emparer du pont sur le canal au sud de Steinbourg (sur la départementale 14).
Lenoir traverse Dossenheim et Steinbourg sans incidents. A la sortie de ce dernier village, il tombe sur une colonne hippomobile. Les conducteurs, surpris, tirent quelques coups de feu puis prennent la fuite. L’encombrement de la chaussée ralentit considérablement la progression.
Lenoir parvient finalement à s’emparer du pont intact. Il pousse en avant et, sur le carrefour situé au sud du terrain d’aviation (aérodrome actuel de Saverne Steinbourg, au nord du carrefour de la départementale 83 et de la nationale 421), il prend contact avec le capitaine de Vandière du sous-groupement Massu. La jonction est faite, Saverne est complètement contourné par l’est.
Pendant ce temps, Rouvillois lance le détachement Compagnon sur Saverne par la route longeant le canal.
Les Allemands, surpris, laissent cent-cinquante prisonniers.

Le commandant du sous-groupement se rend ensuite personnellement au carrefour est de Saverne où il prend contact avec le lieutenant-colonel Massu qui lui demande de replier ses éléments à l’est de la route Steinbourg / Waldowisheim (départementale 83).
Entre-temps, le détachement Briot atteint Dettwiller après avoir surpris des convois en plein déplacement à Bouxwiller et Printzheim.
Les Allemands, complètement surpris, sont pris de court et n’ont même pas le temps de refermer les barricades de troncs et de barbelés installées à l’entrée des villages.


A Dettwiller, Briot fait plus de trois cents prisonniers et détruit un important matériel.

A 14 h 30, Rouvillois prend contact avec le colonel de Lan-glade qui lui donne ses ordres pour le lendemain. Le sous-groupement passe en effet du GTD au GTL pour les commodités de l’opération décidée pour le 23 novembre.
A 15 h, le dispositif du sous-groupement est le suivant : le PC, les détachements Briot, Lenoir et Josse sont à Detwiller, les détachements Joubert et Compagnon à Steinbourg. Le reste de la journée, Rouvillois prépare pour le lendemain la charge qui doit le mener à Strasbourg.
Un civil, Robert Fleig, fournit au lieutenant-colonel d’importants renseignements. Venu de Brumath, il donne des éléments précis sur l’état des défenses allemandes situées sur l’axe Hochfelden-Brumath-Strasbourg (départementale 421). Jusqu’à Brumath, Fleig assure qu’il n’y a aucun obstacle.
A Brumath, il a remarqué une équipe occupée à miner les ponts.
A Vendenheim, il assure que les ponts ont déjà été minés. Enfin, aux abords immédiats de Strasbourg, à la hauteur du fort Foch, Fleig a observé que la ligne de défense continue n’était pas fortement occupée. La collaboration des civils s’avère précieuse et se poursuit dans l’après-midi.
A 15 h, le téléphoniste de Hochfelden annonce ainsi que le village, libre depuis le matin, vient d’être réoccupé.

Fleig propose à Rouvillois de partir à bicyclette à Hochfelden pour vérifier cette information.
De retour à 20 h, il annonce la présence d’un bouchon au carrefour de la route menant de Melsheim et de celle liant Saverne à Hochfelden, soit à mi-chemin entre Dettwiller et Hochfelden sur la départementale 421.
Muni de ces renseignements, Rouvillois donne ses ordres pour le lendemain.

Le détachement Lenoir, en tête, devra effectuer un premier bond jusqu’à Waltenheim (est de Hochfelden) dont il s’emparera des ponts. Le gros du sous-groupement suivra ensuite avec ordre de ne pas dépasser Mommenheim (trois kilomètres à l’est de Hochfelden sur la départementale 421) sans ordre. Le détachement Joubert se voit chargé de prévoir un camion de récupération allemand et un corps franc destinés, le cas échéant, une fois arrivé à Strasbourg, à passer le Rhin par surprise sur le pont de Kehl, au milieu des Allemands en fuite.

A la nuit tombante, les détachements Compagnon et Joubert se placent à Wilwisheim, prêts à démarrer le lendemain…
– Sous-groupement Didelot :
Le sous-groupement Didelot qui avait reçu l’ordre, le 21 au soir, de participer à la prise de Saverne avec le sous-groupement Rouvillois est finalement gardé en second échelon. Il reçoit une nouvelle mission : garder l’axe A sur la portion Petersbach/ Weiterswiller afin d’assurer la sécurité du ravitaillement du sous-groupement Rouvillois.
A 9 h 20, le détachement Bonnet part en tête de Siewiller pour s’établir à La Petite-Pierre d’où il pousse dans la matinée des reconnaissances vers le nord et vers le sud. Il place dans le même temps un bouchon à un kilomètre et demi à l’est de La Petite-Pierre.
Derrière lui, le détachement Gaudet part à 9 h 30 de Schal-bach, il dépasse le détachement Bonnet et se porte au carrefour de la cote 252 d’où il envoie des reconnaissances vers Sparbach et Erchartswiller (au nord de la départementale 7). Il se porte ensuite à Weiterswiller qu’il occupe. Il reconnaît ensuite en direction de Weinbourg et d’Obersoultzbach.
A 10 h, le PC du sous-groupement est à La Petite-Pierre. Les Allemands n’ont pas totalement disparu de la zone puisqu’à 10 h 30, quelques chars allemands sont signalés au sud de l’axe et à 11 h 30 dans la zone nord de Petersbach.

 

 

J.M.O.  12ème Régiment de Cuirassiers

APPENDICE

RÔLE DU 2ème ESCADRON DANS LA BATAILLE DES VOSGES ET DE STRASBOURG

 

Pour le 22, l’intention du Colonel ROUVILLOIS est :
– après avoir fait sauter le bouchon de la Ferme des Juifs, indiqué sur une carte trouvée sur un officier allemand dans le Sud du village,
de foncer sur Weiterswiller, et de là, mettre la main sur le carrefour de Dettwiller et sur le pont du canal au Sud de Steinbourg.

22 Novembre 1944.
À 08H30, le détachement COMPAGNON débouche de La Petite Pierre, précédé par un peloton de spahis jusqu’à Weiterswiller sans rencontrer aucune résistance, mais en remarquant des traces fraîches de chenilles sur les chemins afférents la grande route.
Weiterswiller traversé, nettoyé, la progression reprend en direction de Neuwiller.
La progression se révélant impossible par la route, la Section LUCCHESI tente de déborder par la gauche dans le bois de Niedermaler.
Le peloton de mortiers et le Peloton PERRIER l’appuient de leurs feux.

Le peloton de mortiers LECORNU réussit un tir ajusté sur les pièces d’artillerie de campagne allemandes. Un des H.T. mortiers s’embourbe.
Le Lieutenant PERRlER essaie de le faire tirer, opération difficile en raison du feu ennemi.
Le chargeur ESPOSITO, descendu pour accrocher le câble de remorque, est blessé mortellement par un éclat d’obus et emmené sur Weiterswiller.
La progression peut alors reprendre, la résistance ayant été largement débordée par le détachement LENOIR.

Le détachement BHIOT, reçoit l’ordre de se reporter à La Petite Pierre à 08H30 ; dès l’arrivée à La Petite Pierre, il va falloir suivre le sous-groupement sur l’axe Petite Pierre – Weiterswiller.
La mission suivante lui est confiée : déboucher largement la position de Saverne, couper la route de Saverne à Strasbourg et s’emparer des ponts sur le canal de la Marne au Rhin à Dettwiller ;
itinéraire de marche : Weiterswiller, Bouxwiller, Riedheim, Lantzheim, Gottesheim, Dettwiller.


Ce mouvement s’effectue avec grande rapidité.
Débuté à 09H30, il sera terminé à midi ; l’ennemi a été rencontré à Bouxwiller, Prinzheim, Gottesheim et Dettwiller.
Son attitude révèle une surprise totale (colonnes interceptées, résistances insuffisantes mises en place).


Le résultat obtenu est le suivant :

un nombreux matériel automobile et hippomobile est anéanti ou capturé, 800 prisonniers sont totalisés en fin de journée, les tués ennemis et blessés sont nombreux mais difficiles à évaluer.
Un char ami : le CAEN, est resté embourbé à Prinzheim, avec les embrayages hors service.

Devant Dettwilier, le cuirassier CARRASCO est blessé au ventre.
La liaison est prise avec le Colonel ROUVILLOIS à 12H30.

Le PC du détachement est à la Rathaus.

Jusqu’à Dettwiller, l’organisation du détachement était la suivante :
– une patrouille d’axe, chef de patrouille : COQUELET avec le DJEMILA char de tête, et le CAEN.
– 2 H.T. d’infanterie, dont celui du S/Lieutenant NABARHA, muni de radio, et un char 105 ILE DE SEIN.

Le lendemain matin à 07H45, le détachement part en avant-garde sur Strasbourg.
Axe de marche : Dettwiller – Hochtelden – Schwindratzheim – Mommenheim – Brumath – Vendenheim – Schiltigheim – Strasbourg ;
la progression s’effectue encore plus rapidement que la veille : 30 km sont parcourus en 2 heures.

La résistance ennemie manifeste l’état de confusion d’une troupe mal renseignée :
– les éléments légers à Hochfelden – Mommenheim, où le char de tête fait sauter une mine sans dommage ;
– Brumath où les ponts sont trouvés inoccupés et où une colonne ennemie s’enfuit vers Haguenau, sont dépassés ou anéantis sans que la colonne marque le moindre arrêt.

La résistance s’intensifie à partir du carrefour de la transversale Mommenheim – Reichstett, sur le petit pont de la Souffelden, des tranchées plus ou moins occupées serpentent à droite et à gauche de l’axe.
La crête dominant le fort est légèrement occupée ; des tirs de 105 (ILE DE SEIN et ORAN), des tirs de mitrailleuses, créent chez l’ennemi un désir général de repli, qui ne tarde pas à se manifester par une colonne mixte hippomobile qui s’enfuit vers l’Est par Souffelweyersheim.

Elle est prise à partie par nos feux conjugués (canons de 75, mitrailleuses) ; deux fantassins blessés, un autre est tué.

La marche en avant est immédiatement reprise, l’arrêt a duré un quart d’heure.
Le gros de l’avant-garde n’a pas eu le temps de s’engager.

Jusqu’à Schiltigheim, la colonne passe sans s’arrêter au milieu d’allemands s’aplatissant dans les fossés, dans les trous creusés le long des bas côtés de la route, ou même contrefaisant les morts.

Les chars tirent en marchant de Schiltigheim à Strasbourg, aucun incident.
Le premier pont sur un bras de l’Ill est franchi, non sauté ; puis c’est la traversée de la ville sous la direction d’un civil, qui amène la colonne droit au Rhin et au Pont de Kehl.

Les chars tombent sur toute une circulation ennemie (camions de troupes, voitures d’officiers, soldats à pied).
Sur les trottoirs, tout ce monde manifeste un ahurissement général. Il faut aller vite.
Les mitrailleuses agissent, de temps en temps un coup de 75 ajusté, sanctionne la fuite d’un véhicule dont le chauffeur n’a pas compris, ou peut-être, désire de ne pas comprendre.

Le half-track et les chars de tête arrivent au pont sur le Petit Rhin ; la patrouille d’axe, le gros du détachement, un moment très étendus en profondeur, rejoignent.
Il est 10H15. Une colonne de plus de 200 véhicules ennemis, un grand nombre d’ambulances remplies de représentant indemnes des diverses armes de la Wehrmacht est contrainte de faire demi-tour sous les balles du char DJEMILA.
Le tireur BALEYTE stoppe toute la circulation sur la voie ferrée en éventrant une locomotive d’un coup de son 75.
Le pont sur le Petit Rhin ne peut être franchi, son axe est défendu par un canon antichars difficile à atteindre.
Le détachement LENOIR rejoint vers 11H30.
Un tir de canon automoteur de 105 est déclenché sur la région au delà du Petit Rhin, la progression ne pourra être reprise que vers 3 heures de l’après-midi, lorsque les autres détachements du Sous-Groupement ROUVILLOIS entament une poussée concomitante vers le Pont de Kehl.

Une première réaction de l’ennemi s’était fait sentir par un essai de mise en batterie sur le flanc gauche et Nord de la colonne, de 7 canons antichars ; les servants sont dispersés par le feu de nos chars.
Le chef du char PAIMPOL, Maréchal des Logis SALAÜN, avait le premier, dépisté l’activité ennemie et, avec sang froid, déclenché un feu violent.

L’organisation de l’avant garde était la suivante :

patrouille de tête, dans l’ordre :
– char EVREUX, M.d.L. GELIS,
– half-track d’infanterie du S/Lieutenant NABARRA,
– char DJEMILA du S/Lieutenant COQUELET,
– le deuxième half-track d’infanterie.
Derrière la patrouille de tête, le char LISIEUX du Lieutenant BRIOT, commandant l’avant garde, puis le gros du détachement comprenant les half-tracks restants de la section d’infanterie entre-mêlés avec les chars ROUEN – ORAN – CHERBOURG – St DENIS II – ILE DE SEIN qui avaient quitté le détachement au cours de la traversée de la ville.

À 3 heures de l’après-midi, le détachement reçoit l’ordre de continuer sa progression vers le Rhin, rendue désormais possible par la destruction, à coups de mortiers, de l’arme antichars défendant le Petit Rhin.
Le but de la mission est de refouler l’ennemi au delà du fleuve, tout en portant assistance au détachement COMPAGNON en pointe, et sévèrement accroché par des tirailleurs armés de bazookas, et qui défendent le terrain maison par maison.
Une patrouille mixte char-infanterie est portée en avant avec pour point à atteindre : le premier carrefour après la voie ferrée.

Cette patrouille est commandée par le Lieutenant BESNIER, elle comprend dans l’ordre :

– char BAYEUX, M.d.L. De CARGOUET,
– char CHERBOURG (105), M.d.L.-Chef ZIMMER,
– char MEKNES, M.d.L. GALLEN,
– char SAINT DENIS II, M.d.L. BOUILLOT,
– 2 half-tracks infanterie, S/Lieutenant NABARRA.
La réaction ennemie est vive, d’autant plus que l’idée de chacun est d’atteindre le Rhin.
Le Maréchal des Logis De CARGOUET, dépassant son premier objectif, tombe frappé d’une balle en pleine tête ; le char 105 CHERBOURG le dépasse suivi immédiatement du char MEKNES, et c’ est à 50 m du Pont de Kehl que le char CHERBOURG prendra feu sous les coups de nombreux bazookas ; l’équipage est blessé, le chef de char M.d.L. ZIMMER est tué.
Le MEKNES sera également touché, mais pourra être récupéré par la suite ; deux membres de l’équipage sont blessés dont le chef de char.
Voyons maintenant l’action des détachements COMPAGNON et LENOIR.
Le 22 Novembre, après la chute de la résistance, le détachement LENOIR et le détachement COMPAGNON se retrouvent dans Neuwiller. Le détachement LENOIR passe en tête.
L’Adjudant chef WEISS a été dans la nuit affecté à l’escadron, il a rejoint le Peloton CORAP à l’aube à Lhor, et en a pris le commandement.
Le Chef De CARGOUET, rendu disponible par la destruction du PARIS II, remplace le Chef OLLERO sur le BAYEUX, et passe ainsi chef de patrouille de tête du peloton.
La progression reprend en direction de Dossenheim (traversé rapidement) puis de Steinbourg ; de légères résistances devant Steinbourg sont culbutées.
Steinbourg traversé, la déroute est mise dans un important convoi automobile par la patrouille de tête (DIEPPE et BAYEUX). Le pont du canal trouvé libre, est passé. La lisière des bois de la Faisanderie est nettoyée, et vers 11H15, le BAYEUX (Chef De CARGOUET) au carrefour de l’auberge, prend contact avec les chars du 12e R.C.A. venant du Sud (Sous-Groupement MASSU).
Toute l’après-midi le détachement LENOIR occupe ce carrefour, puis vers 15H30, rejoint Dettwiller où se trouve le détachement BRIOT et en occupe la partie Sud durant la nuit.
Pendant ce temps, le détachement COMPAGNON longe le canal en direction de Saverne, la route étant complètement bouleversée par les bombardements d’aviation américaine sur l’usine de Zornhoff.
Il vient alors occuper le canal de Steinbourg. Les Allemands refluent de toutes parts.
L’ensemble du sous-groupement fait alors près de 500 prisonniers.
Vers 17H00, le détachement COMPAGNON part sur Dettwiller et Wilwisheim.

Le bilan de la journée du 22 s’établit ainsi :

– perte des cuirassiers : ESPOSITO tué, CARASCO blessé par une balle au ventre.
– Le char NORMANDIE resté embourbé près de Obersoultzbach sera dépanné dans la nuit par le Recovery de l’escadron. Durant ce dépannage, quatre voitures allemandes seront détruites et les occupants tués par l’équipe de dépannage.
– Le char CAEN reste en panne d’embrayage à Prinzheim.
– Le Char RENNES II reste en panne de moteur à Steinbourg.

Le 23 Novembre, jusqu’à 09H30, heure de l’entrée à Strasbourg, les détachements LENOIR et COMPAGNON suivent la charge du détachement BRIOT. Le détachement LENOIR est engagé derrière le détachement BRlOT en direction du Pont de Kehl où il détruit six canons antichars, comme il est relaté plus haut, puis vers 16H00, il vient se placer en protection du pont du Petit Rhin, prés du Bassin du Commerce.
Pendant ce temps, il faut signaler pour le Peloton WEISS, la part prise par le char BAYEUX de la patrouille BESNIER, en direction du Pont de Kehl, où le Chef De CARGOUET est tué.
Le détachement COMPAGNON, à l’entrée dans Strasbourg, est dirigé sur la Kommandantur où une patrouille (LUCCHESI-PERRIER ), avec deux half-tracks et les deux chars restant au Peloton PERRIER, effectuent un nettoyage difficile dans les rues avoisinantes.
Le chef de détachement reçoit alors par radio, l’ordre du Colonel ROUVILLOIS, de venir plein pot sans se laisser arrêter par les tirs ennemis au pont du Petit Rhin près du Bassin du Commerce, ce qui est fait.
Il reçoit alors mission d’atteindre le pont sous la voie ferrée à l’extrémité du Bassin de l’industrie. Le nettoyage de la rue est fait, le pont atteint est passé en dépit d’une vive résistance ; c’est alors que les deux armes antichars qui arrêtent le détachement BRIOT, changent d’objectif et prennent à partie les véhicules de queue du détachement.
Deux actions sont alors menées : l’une par le Pont de Kehl, par la Section LUCCHESI et les 3 chars restants du détachement dont le PARIS qui vient d’être marqué sans dommage de 3 impacts antichars, l’autre contre les armes antichars par le peloton de mortiers.
La première consiste au nettoyage de la Place et de la rue qui mène au pont, qui est approchée à 100 m, en dépit d’une très vive résistance de l’ennemi au bazooka et à la grenade.
La Section LUCCHESI a 2 tués et 7 blessés. Le peloton de mortiers de l’Aspirant LECORNU neutralise par un tir rapidement ajusté 2 armes antichars.
Le Colonel ROUVILLOIS essaie alors de prendre liaison avec le Lieutenant BRIOT, avec une patrouille à pied des mortiers ; cette patrouille est repoussée par les servants des armes antichars détruites.
Elle en tue une dizaine et a elle-même : un tué (M.d.L. RIVALLlN) et deux blessés (le M.d.L. ROTH et 1 cuirassier).
La patrouille PERRIER-LUCCHESI cesse alors toute progression et tient seulement le pont ; peu après, la patrouille BESNIER vient prendre liaison au pont, puis retournera en arrière du pont du Canal Vauban pour la nuit.
– Le détachement BRIOT est au pont du Bassin Vauban.
– Le détachement LENOIR au pont du Petit Rhin (Nord).
– Le détachement COMPAGNON prend point d’appui fermé au passage inférieur de la voie ferrée.
Toute la nuit, les patrouilles allemandes circuleront entre ces trois bouchons et viendront les inquiéter : en particulier une tentative de bazooka sur un char du Peloton WEISS.
Le bilan de la journée est le suivant :
– Strasbourg évacué, une quantité innombrable de prisonniers faits. Le nettoyage de la ville non terminé, une caserne résiste encore en interceptant nos communications.
– L’escadron a perdu le Chef De CARGOUET, et le Brigadier chef BALEYTE est blessé.
– Le peloton de mortiers a un tué et deux blessés.
– Les 105 ont un tué et un char brûlé (le CHERBOURG).
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EMPLACEMENT de la BORNE

La borne se trouve près du Collège Tomi Ungerer, rue du Général Leclerc (D232).