Parcours et combats – 2e DB – ALSACE-MOSELLE – 1944-1945


Passage des Vosges – La charge sur Strasbourg – Hiver 44-45

 



NOVEMBRE – DÉCEMBRE 1944
.
JANVIER – FÉVRIER 1945

 

 

Le 13 novembre, un jour bas sur une neige fraîche et molle qui alourdit encore le gras terrain de Lorraine, le XVe Corps passe à l’attaque.
La 3e Armée, au nord, a commencé depuis quatre jours son offensive, a dépassé Château-Salins.
Au sud, le VIe Corps et la 1ère Armée française démarreront à leur tour le 15, face aux Vosges et à la trouée de Belfort.

Le Corps doit remonter d’abord le couloir large de 20 kilomètres qui sépare les marais de Fénétrange des avancées du Donon, vers Sarrebourg. Puis il se rabattra à l’est, sur Saverne et l’Alsace. Il va se heurter à deux positions successives, que l’ennemi organise depuis septembre avec l’appoint de la main-d’œuvre locale et de 50.000 Alsaciens mis en travail forcé. La Vor-Vogesenstellung s’appuie sur les marais de Fénétrange et la Haute-Meurthe, dont est fortifiée la rive est dominant Raon-L’Etape et Saint-Dié, pour rejoindre au sud les contreforts de la Schlucht au-dessus de Gérardmer : ses points forts dans notre couloir sont Blamont, Ancerviller, Sainte-Pôle, Neufmaisons, qu’elle relie par des réseaux continus de tranchées et de fossés antichars fortement protégés par des mines. La Vogesenstellung barre la trouée de Saverne entre Mittelbronn et Phalsbourg, se raccroche par Hazelbourg, Trois-Fontaines au Donon, dont elle interdit les accès de la Sarre rouge et de la Sarre blanche. Plus au sud elle défend Saales, Sainte-Marie-aux-Mines, Le Bonhomme, la Schlucht.
Que l’ennemi ait eu pleine confiance dans ce double dispositif et soit resté à peu près sûr de tenir l’hiver sur les Vosges a été prouvé ultérieurement par les nombreux documents saisis à Saverne et à Strasbourg. Une autre preuve plus tragique a été donnée par la destruction totale et systématique de Saint-Dié et de Gérardmer; ces villes qui restaient au pied de ses défenses, il ne voulait pas, disait-il, les offrir en cantonnement aux Alliés : elles sont maintenant loin à l’arrière, dans une zone où ne s’arrête plus aucun convoi, témoins déserts d’une scientifique et inutile brutalité.

Les débuts de l’attaque sont durs : les points noirs de l’infanterie américaine sur la neige, au milieu des mines et sous le barrage d’artillerie, progressent lentement. La 79e Division d’infanterie, avec laquelle nous combattons côte à côte depuis Chaumont, poursuit cependant méthodiquement son effort que nous appuyons de nos feux : elle ouvre une brèche dans la position à Ancerviller, puis à Sainte-Pôle, pousse par Halloville vers Blamont, utilisant un seul chemin médiocre battu par l’artillerie. L’effort est étayé à gauche par la 44e Division d’infanterie. A droite, nos éléments légers vont essayer de lui donner un peu d’air.

Nos officiers sont en effet au milieu des leurs, guettant le moment où les blindés reprendront leurs droits.
Et si pour le moment il est hors de question d’engager des éléments importants, de petits groupes maniables peuvent tenter leur chance.
Dès le 15, Morel-Deville part donc avec un escadron d’A.M., renforcé de quelques chars et épaulé par une batterie d’artillerie.
De Halloville il se rabat sur Nonhigny; le 16, debout sous le feu au milieu de ses chars comme un cornac dans un troupeau d’éléphants, Kochanowsky, la badine à la main, force la défense si abruptement que le téléphone sonne encore quand ils arrivent au P.C.
Le curé de Domèvre, guide et interprète de l’équipe, inaugure alors la série des communications tendancieuses qui pour l’ennemi vont augmenter le mystère de cette corrida.

Pendant trois jours, dans toutes les directions, poussant au nord, au sud, à l’est, Morel-Deville va combattre seul dans une trouée entre deux forêts où l’ennemi s’accroche fort, menacer Parux, prendre Montreux, menacer Neuviller, prendre Parux et progresser finalement, lorsque les efforts faits parallèlement aux siens sur Frémonville et Badonviller auront suffisamment ébranlé l’ennemi, jusqu’à Cirey.

De La Horie, lui, essaie Badonviller. Le 16, à la tombée de la nuit, un petit détachement qui débouche de Sainte-Pôle se heurte à des antichars solidement établis à Saint-Maurice. Le 17 au jour, il repart. Saint-Maurice, probablement inquiété par la corrida Morel-Deville, s’est vidé dans la nuit. Le char de tête, Uskub, arrive à la lisière de la forêt sur la route droite qui mène à la ville : il observe en connaisseur le 88 boche qui l’attend, puis repart doucement et dès que les deux mires s’alignent c’est pour que Uskub mette au but en une fraction de seconde. Trois minutes après le détachement se bat au passage à niveau, pénètre dans les premières maisons, avertit de son succès La Horie, qui donne ordre de pousser et fait suivre par derrière tout ce qui peut. Pas encore grand’chose !… ce sont six chars et douze half-tracks qui s’installent sur la grande place, poussent jusqu’aux sorties, où l’ennemi essaie de s’accrocher, et collectent trois cents boches qui sortent de tous les coins. Plusieurs pièces antichars sont prises sans avoir tiré.

( ” La charge de Strasbourg” La 2e DB- Général Leclerc – En France – combats et combattants – 1945)

 

   AUTOMNE HIVER 1944-1945 – PARCOURS – OPÉRATIONS de la 2e DB en ALSACE selon les Communes attachées à la Voie et leurs environs
( Repères kilométriques approximatifs )

 

13 NOVEMBRE 44
  • 17
    s\G; De La Horie novembre 1944

    17 novembre 1944 - BADONVILLER

    Le 16, à la tombée de la nuit, un petit détachement qui débouche de Sainte-Pôle se heurte à des antichars solidement établis à Saint-Maurice. Le 17 au jour, il repart. Saint-Maurice, probablement inquiété par la corrida Morel-Deville, s’est vidé dans la nuit. Le char de tête, Uskub, arrive à la lisière de la forêt sur la route droite qui mène à la ville : il observe en connaisseur le 88 boche qui l’attend, puis repart doucement et dès que les deux mires s’alignent c’est pour que Uskub mette au but en une fraction de seconde. Trois minutes après le détachement se bat au passage à niveau, pénètre dans les premières maisons, avertit de son succès La Horie, qui donne ordre de pousser et fait suivre par derrière tout ce qui peut. Pas encore grand’chose !… ce sont six chars et douze half-tracks qui s’installent sur la grande place, poussent jusqu’aux sorties, où l’ennemi essaie de s’accrocher, et collectent trois cents boches qui sortent de tous les coins. Plusieurs pièces antichars sont prises sans avoir tiré.  Lire...

  • 20
    s\G. Rouvillois novembre

    20 novembre - LANGATTE

    Novembre 1944. La rumeur enfle dans les rues de Langatte : « Les Américains arrivent ! ». En fait, ce fut un escadron du 12e régiment de cuirassiers, élément d’un sous groupement de la 2e division blindée commandé par le lieutenant-colonel Rouvillois qui se dirigeait vers le village. Arrivant de Kerprich-aux-Bois, aux abords du village, les soldats tirèrent sur un hangar agricole qui, sans doute, leur avait paru suspect et qui prit feu immédiatement.  Lire...

  • 20
    G.T.D-s\G. Rouvillois novembre

    20 novembre - RAUWILLER

    Dolving est atteint sans encombre et le village reconnu est nettoyé rapidement, une dizaine de prisonniers. Le détachement se présente alors devant la Sarre, au Moulin de Sarreck. Le pont n’est pas sauté, le Lieutenant LUCCHESI avec une patrouille à pied, va immédiatement reconnaître le village de Oberstinzel. Pendant que le groupement du Génie du détachement LENOIR reconnaît le pont et coupe sa mise à feu, le pont est franchi sans encombre et Oberstinzel traversé, est salué par un grand enthousiasme par la population. Quelques prisonniers. La marche reprend rapide en direction de Hellerig où est mis en déroute un convoi hippo allemand marchant tranquillement sur la route en direction de Rauwillers. Pendant que les éléments de tête du détachement (patrouilles AZINIÈRES et PERRIER, section LUCCHESI) nettoient le village et dégagent la route des nombreux véhicules qui l’encombrent, le peloton de mortiers LECORNU et la patrouille de queue BALLESTER, mitraillent les fuyards allemands courant vers Geberval ; il y a une quarantaine de prisonniers dont un officier. La progression reprend sur Rauwillers, par le chemin de terre Geberval, ce dernier est très encombré de véhicules hippo et auto qui ralentissent la marche et obligent à quitter la piste, aussi quelques H.T. s’embourbent.  Lire...

  • 20
    s/G. Quilichini novembre 44

    20 novembre 44 - SARREBOURG

    La journée du 20 novembre va se révéler décisive. Sur l’axe D, le plus au sud, Massu livre toute la nuit du 19 au 20 et la matinée du 20 un dur combat d’infanterie contre le barrage allemand qui interdit sa progression. Il déploie largement toute l’infanterie dont il dispose dans les bois adjacents et il se fait solidement appuyer par l’artillerie. Il réussit dans la matinée du 20 à faire tomber la résistance allemande débordée de part et d’autre par ses fantassins. Il atteint le pont sur la Sarre Blanche dont il s’empare, intact, sous le feu de l’artillerie allemande. Les pertes en tués et prisonniers allemands sont considérables. Lui-même subit des pertes notables. Une fois de nombreux abattis déplacés et franchis, il trouve la route libre. II rattrape une colonne allemande en retraite qu’il décime. Toujours sous une affreuse pluie, mais aspiré par le vide de la route, Massu franchit le carrefour de Rehthal. L’itinéraire de Dabo paraît, en fin de journée du 20, ouvert pour le lendemain. Minjonnet, sur l’axe C, se heurte à de solides résistances à Niderhoff et à Voyer. Il doit combattre durement pour les faire tomber. Au nord, le GTD commence lui aussi le 20 son exploitation à partir du pont de Xouaxange conquis intact par la 44e DI US. Le sous-groupement Quilichini bouscule les résistances rencontrées et atteint le soir Sarraliroff au nord de Sarrebourg.  Lire...

  • 20
    Traversée des Vosges novembre 44

    20 novembre 44 - LA PETITE PIERRE

    20 et 21 novembre 1944 : Traversée des Vosges DABO - LA PETITE PIERRE Le sous-groupement MASSU mettra toute la journée pour réduire LAFRIMBOLLE. Le sous-groupement MIJONNET s’empare de VOYER et continue sur TROIS FONTAINES pour suivre le sous-groupement MASSU qui arrive au carrefour de RETHAL à la nuit. Dés le réveil, il prend la route de DABO en bousculant les colonnes allemandes qui se replient. Le G.T.V. et le sous-groupement MINJONNET le suivent. Au G.T.D., le sous-groupement QUILICHINI est à PHALSBOURG, et le sous-groupement ROUVILLOIS a atteint le col de la PETITE PIERRE.  Lire...

  • 22
    s/G. Quilichini - G.T. LANGLADE novembre 44

    22 novembre 44 - PHALSBOURG

    Phalsbourg est un point avancé de la ligne de défense allemande vos- gienne, constituée de positions fortifiées avec des fossés antichars sur près de douze kilomètres jusqu’à Saverne en passant par le col de Quatre- Vents hérissé de blockhaus de béton dotés de canons et de batteries PAK. Le 21 novembre 1944, la charge du sous-groupement Quilichini enlève le premier système de tranchées et les chars dévalent Mittelbron mais se heurtent à un ennemi puissant devant Phalsbourg : la 553 e division de Volksgrenadiers. Le 22, Leclerc, dont l’objectif est d’attaquer par l’est la trouée de Saverne et de faire tomber les défenses de Phalsbourg, engage le groupement tactique de Langlade qui prend le relais. Le sous-groupe- ment Minjonnet pousse sur le col de Saverne le 22 novembre à 13h10 et s’en empare à revers après quatre heures de combat avant de progresser sur les Quatre-Vents et Phalsbourg, qu’il occupe peu après. C’est dans la ville libérée qu’il passe aux ordres du groupement tactique du colonel Dio. Le 22 au soir, Phalsbourg qui bloquait la trouée de Saverne est aux mains des Français. La manoeuvre sur Strasbourg le lendemain est ainsi rendue possible. La 2 e  DB déplore 6 tués.  Lire...

  • 22
    s\G. "H" - s\G. Massu novembre 44

    22 novembre 44 - MARMOUTIER

    Ayant remplacé au pied levé le Lt-colonel de La Horie tué à Badonviller , le commandant Debray progresse à la tête du sous-groupement « H » derrière le sous-groupement Massu durant la journée du 21 novembre, en empruntant la petite route de Dabo. Les chars peinent mais parviennent au col du Valsberg. La colonne ininterrompue poursuit sa descente dans la nuit, tous phares éteints, sur l’Alsace. Vers 21h, les Vosges sont franchies par le sous-groupement. Le 22 novembre, ordre est donné de prendre Marmoutier. Ce jour-là, la commune où se trouve un noyau ennemi solide est atteinte à 9h. Les spahis précédent les chars et les fantassins qui investissent la ville et chassent les Allemands. Marmoutier réserve à ses libérateurs un accueil inoubliable. Vers 18h, le commandant Debray, en présence du maire, rebaptise la place Adolf Hitler en « Place Colonel de la Horie ». À 20h, au PC installé à l’hôtel de ville, Debray revient du QG de Leclerc à Birkenwald avec l’ordre d’opérations pour l’attaque vers Strasbourg.  Lire...

  • 23
    s\G. Rouvillois novembre 1944

    23 novembre 1944 - STRASBOURG

    A 10 h. 30 le P.C. est mû soudain comme par un déclic. Le message « Tissu est dans iode » n’a pas besoin d’être déchiffré; il signifie : Rouvillois entre dans Strasbourg et fonce sur le pont. » Derrière le Général, la petite colonne traverse la plaine dans un silence tendu, comme s’il devait se passer quelque chose. Pendant que Massu quitte son axe et s’engouffre derrière Rouvillois, elle s’arrête un instant dans l’inoubliable accueil de l’Alsace. Puis elle prend à son tour la route de Schiltigheim. La ville s’offre dans une brume grise. La flèche y lance une pointe sombre et imprécise sur laquelle flotte déjà le drapeau français. Dessous, les rues sont vides, sauf de quelques carcasses de voitures, de quelques rares cadavres et de passants encore plus rares qui rasent les murs. Le fracas de Rouvillois est passé. Devant lui la vie normale de la ville s’est arrêtée. Les gens ont planté là les tramways, carcasses vides, pour s’enfuir apeurés. Il a mitraillé sur son passage les officiers qui allaient faire leurs valises, les chauffeurs aux volants des voitures hâtivement rangées aux coins de rues, les soldats qui essayaient encore de faire face. Puis il a disparu vers Kehl.  Lire...

26 NOVEMBRE 44

 

(Extrait du Journal des Opérations de la Division)

Attaquant le 17 novembre à Badonviller, la Division, par une série d’actions menées avec le maximum de vitesse et de hardiesse, traverse les Vosges dans la journée du 21, surprenant complètement et mettant en déroute un ennemi battu les 17 et 18 novembre sur sa position organisée des pré-Vosges.
Débouchant dans la plaine d’Alsace le 21 au soir, par une habile manœuvre, la Division enlève Saverne et sa trouée le 22 novembre.
Sans s’accorder un jour de repos, profitant du désarroi complet chez l’adversaire, elle s’élance le 23 au matin et s’engouffre dans Strasbourg quatre heures après, ayant couvert à coups de canons une distance de plus de 100 kilomètres en 6 jours.

Par sa charge intrépide, dissocie tout le système défensif ennemi dans le secteur des Vosges faisant plus de 12500 prisonniers, tuant plus de 2000 ennemis, détruisant ou capturant 16 Mark VI ou V, 23 Mark IV, 8 canons automoteurs, 800 half-tracks, 38 canons de 105 ou 150, 120 canons antichars de 88 ou 75 mm (chiffres en dessous de la vérité, étant donné la vitesse de l’attaque qui n’a pu permettre un recensement complet des pertes infligées à l’ennemi).

 


Bataille d’Alsace – Hiver 1944-45

 


Dans la journée du 23 novembre, jour de la prise de Strasbourg, Leclerc couvre la ville vers le sud sur la Bruche avec des détachements du GTR et, entre Ill et Rhin, avec le sous-groupement Debray vers Neuhof. Conformément à sa mission qui est d’aider à droite le VIe CA retardé dans le franchissement des Vosges, dès le 25, Leclerc fait pousser des reconnaissances vers le sud, en particulier dans la région d’Erstein (22 kilomètres de Strasbourg).

Le 26 a lieu un accrochage au carrefour à 1000 mètres ouest d’Erstein.
Il n’est pas question de continuer vers l’est. Le franchissement du Rhin ne peut être qu’une opération d’envergure décidée au plus haut échelon.
A partir du moment où la 2e DB est relevée à Strasbourg par l’infanterie américaine, le devenir du général Leclerc et celui de la 2e DB sont tous deux en jeu.

Aussitôt après la prise de Strasbourg, la bataille d’Alsace commence.

Dès le 27 novembre au sud, de Lattre prévoit une offensive en direction de Cernay puis Neuf-Brisach, entre Colmar et le Rhin, à partir de la région de Burnhaupt (10 km sud-ouest de Mulhouse), où convergent lre DB, 5e DB et 2e DIM. Au nord, nous l’avons vu, Leclerc dès le 25 pousse des éléments de reconnaissance vers Erstein en liaison avec des unités du VIe corps américain. Le long du Rhin, il glisse le GTD, qui réussit à atteindre le 1er décembre, au prix de durs combats, Friesenheim à 40 km au sud de Strasbourg.

Entre-temps, le 29 novembre, de Lattre modifie au sud ses prévisions d’opération. Il renonce à son action offensive sur Cernay et s’immobilise sur la ligne atteinte. Il relève une de ses deux divisions blindées engagées pour la mettre en réserve générale. Dès lors, la jonction rapide des deux forces nord et sud par action le long du Rhin derrière Colmar n’est plus envisageable.
C’est le début d’une longue campagne d’hiver ralentie par le froid et la neige : la liquidation de la poche de Colmar prendra deux mois et demi.

Pour la 2e DB et Leclerc cette longue période va se diviser en trois phases :
Première phase : du 1er au 30 décembre, participation à la bataille d’Alsace par une pression continue exercée sur le flanc nord de la poche dans les régions de Friesenheim-Witternheim-Ebermunster-Sélestat, aux ordres de la 1ère armée française.

Deuxième phase : début janvier 1945, en Lorraine, à l’ouest des Vosges, dans la région de Bitche-Sarre Union, action de couverture au sein du XVe CA US (général Haislip) de la VIIe armée américaine.

Troisième phase : fin janvier et février 1945, participation offensive à la bataille de Colmar comportant des actions dispersées au profit de différentes divisions de la 1ère armée française.

Ces trois phases donnent lieu à des combats discontinus et disparates, difficiles et coûteux.
Un caractère leur est commun : un temps épouvantable, pluie, neige, bourrasque, froid intense, sol inondé, glacé, blanc de neige épaisse de plusieurs centimètres. La vie pour la troupe est dure et difficile. Constamment Leclerc est sur le terrain, voit « ses » soldats, se rend auprès des unités aux combats dans les postes les plus avancés.

 

 

 

 

 

27 NOVEMBRE 1944
  • 27
    G.T. DIO + 12e RCA novembre 44

    27 novembre 44 - ERSTEIN (P.C.)

    Les blindés américains éprouvent aussi des difficultés près d’Erstein. Les défenseurs allemands se battent plutôt bien et lancent même une contre-attaque qui obligent les Américains à quitter Benfeld, alors que les défenseurs d’Erstein sont eux aussi contraints de se retirer vers le nord le 28. Finalement, les soldats inexpérimentés du CC A sont relevés par la 2e DB durant la nuit du 28-29 novembre. Pendant ce temps, à la fin de la journée du 28, le GT D du Colonel Dio (12e Cuirassiers, 1er Bataillon du Régiment de Marche du Tchad, 4e Escadron du RMSM, 3e Escadron du RBFM, 1er Groupe du 3e RAC et 2/13e BG) entre dans Erstein par le nord-est et doit faire face à une forte résistance ennemie. Mais à la tombée de la nuit, presque toute la ville est aux mains des Français  Lire...

  • 30
    G.T. LANGLADE novembre 44

    30 novembre 44 - STOTZHEIM

    Au lendemain de la libération de Strasbourg, la 2e DB fait mouvement vers le sud pour entreprendre une série d’opérations qui doit se terminer par la jonction avec la 1 re armée du général de Lattre de Tassigny, à laquelle elle sera intégrée à dater du 6 décembre sur ordre du général Devers, chef du 6 e groupe d’armées américaine – cela au grand dam de Leclerc. Le 30 novembre, le groupement tactique Langlade reçoit l’ordre de s’établir au-delà du pont détruit à l’ouest de Stotzheim. Parti de Zellwiller à 6h du matin, le 30 novembre, les fantassins de la 7 e  compagnie du RMT traversent à pied l'Andlau et prennent position sur l’autre rive tandis que les sapeurs construisent un pont de secours sous le feu de l’artillerie allemande. Précédé d’un tir roulant d’artillerie du 40 e régiment d’artillerie nord-africain, les fantassins passent à l’assaut ce 30 novembre à 11h45, faisant feu de toutes leurs armes. Les Allemands prennent la fuite. Le comte d’Andlau, sénateur-maire de Stotzheim, et son épouse réservent aux soldats de Leclerc une réception pleine de joie et d’émotion. La libération de Stotzheim a coûté la vie du soldat Criquet du RMT.  Lire...

  • 15
    G.T. De Guillebon décembre 44

    15 décembre 44 - WITTERHEIM

    WITTERNHEIM, 15 DÉCEMBRE 1944 La contre-attaque Habicht lancée par Himmler surprend la 36e  division d'infanterie américaine sur le mont de Sigolsheim et à Mittelwihr (nord- ouest de Colmar), dont une partie de la population a été évacuée vers Ribeauvillé et ses alentours. Quant à la 2e DB, intégrée à la 1ère armée depuis le 6 décembre, elle est sous les ordres directs du général de Monsabert, chef du 2e corps d’armée français. Renforcée du 1er régiment de chasseurs parachutistes du commandant Faure, elle doit exercer une pression au nord du dispositif de la poche de Colmar. Le 12 décembre, elle reçoit l’ordre de renforcer son action de fixation en prenant Witternheim à quelque douze kilomètres au sud d'Erstein, où se trouve le PC de Leclerc qui a dû se rendre à Paris pour prononcer à la radio une allocution en faveur de l’emprunt de défense nationale. Le groupement tactique de Guillebon, composé d’éléments du RMT, du 501 e RCC, du RBFM, du 64 e RADB et du 13 e Génie, se heurte du 14 au 18 décembre à une unité allemande intacte, entre Witternheim et Bindernheim, et subit de très lourdes pertes en libé- rant Witternheim.  Lire...

  • 22
    G.T. Langlade- s/G. Gribius janvier 1945

    22 janvier 1945 - KILSTETT

    LES RENFORTS FONT LA DIFFÉRENCE Le 20 janvier 1945, le général Guillaume, chef de la 3 e division d’infanterie algérienne appelle le colonel Lecomte, chef du bureau des opérations de la division Leclerc, pour lui demander l’envoi d’un groupement tactique. Le général de Langlade envoie le sous-groupement Gribius en mouvement dès 4h30 du matin, le 22 janvier, avec mission de se porter aux avancées de la Wantzenau pour reprendre Kilstett tandis qu’à l’est, le sous-groupement de Massu le couvre. À 9h30, il lance l’attaque sur le village avec deux colonnes constituées chacune d’un escadron de chars et de fantassins du régiment de marche du Tchad, suivi par le bataillon Destremeau de la 3 e division d’infanterie algérienne. Après sept heures de combat, les derniers défenseurs allemands très fanatisés se rendent : ils sont près de 300. Trois Panther et 4 canons automoteurs ont été détruits. La victoire de Kilstett met fin à la menace sur Strasbourg.  Lire...

  • 27-28
    G.T. De Guillebon - s/G. Putz janvier 1945

    27-28 janvier 1945 - GRUSSENHEIM

    UNE POSITION DIFFICILE À ENLEVER  Fin janvier 1945, la liquidation de la poche de Colmar est la priorité de la 1ère Armée du général de Lattre à laquelle participe la 2e division blindée. Le 27 janvier 1945, le sous-groupement du lieutenant-colonel Putz du groupement tactique du colonel de Guillebon reçoit l’ordre d’intervenir pour renforcer le bataillon de la Légion étrangère du commandant de Sairigné de la 1ère division française libre encerclé à Grussenheim. Putz a installé son PC, sa jeep et ses deux half-track radio, au carrefour 177 à l’abri de haies près du village. Avec trois compagnies du RMT, une du 501e  RCC, un peloton de tanks-destroyers du régiment blindé de fusiliers marins, une antenne médicale et un groupe du 13e génie, débute à la tombée de la nuit l’attaque tandis que les sapeurs de la 1ère DFL installent le pont sur la Blind.  Lire...

10 FÉVRIER 1945

PRINTEMPS 1945